Norvège J5 : Départ de Bergen et LA Tuile

Ce matin nous avions prévu de partir tôt. 
Le rendez-vous était à 6h30 pour le petit-déjeuner. Donc à l’heure dite j’avais préparé mes sacs pour aller charger le Spyder garé avec le side de Marc dans le parking tout proche. Sauf qu’à cette heure, Marc avait déjà chargé le side et trouvé le temps aussi de faire des photos …

Bref, on se sustente et on part. A 8h nous étions en selle.
Conditions idéales : 6-8°C, une pluie battante et un vent bien comme il faut.

Peu importe nous taillons la route. Celle-ci est tracée afin de vadrouiller dans un maximum de beaux coins et n’est donc absolument pas en ligne droite et encore moins directe. La preuve, nous partons initialement vers le sud-est…

Rapidement nous arrivons à notre premier ferry. Nous ne patientons que quelques minutes (la chance des débutants…).

Et nous voilà repartis. Conditions toujours exécrables et pourtant le paysage est magnifique.
2ème ferry : nous attendrons cette fois 1h, heureusement à l’abri dans une cabine prévue à cet effet, en laissant nos montures sous la pluie et le froid dans la file d’attente qui grossira progressivement… Nous ne comprenons pas pourquoi les horaires sont si fantaisistes, mais bon, finalement, nous embarquons pour 15 minutes de traversée (la précédente en avait duré à peine 10).
Au passage je parviens à reconnecter ma caméra à sa télécommande qui me narguait depuis le départ (et commençait un brin à me chauffer les oreilles) après moultes grossièretés…

Et nous voilà de nouveau cheminant entre forêt, mer et lacs dans de superbes paysages malgré tout.
Quoi ? La pluie, le froid, le ciel bouché et bas (si bas qu’un canard etc etc…). Comme dirait quelqu’un avec qui je partage le voyage : « Nous les méprisons ! ».


3ème ferry : il y en a bien un, à quai, vide mais qui ne semble pas prêt à partir.
Cherchant des renseignements « humains » au-delà des horaires affichés qui semblent ne pas être les bons, j’aperçois un autochtone également en train de regarder les horaires de manière dubitative (oui, je comprends le dubitatif norvégien, c’est comme ça). Lui est en voiture. Et très sympathique. Nous discutons un brin dans un langage Shakespearien. Et sur ses conseils je vais dans le bateau, trouve l’ équipage qui me donne l’horaire du départ. Je remonte regarder les horaires affichés. Et cela correspond au dimanche….


Et donc, ici aussi, c’est férié… Ce qui explique pourquoi nous avions attendu longtemps le ferry précédent.
Super ! On a tout compris. Pas super, on a plus d’une heure à attendre (à perdre en l’occurrence). Nous allons donc à la station service toute proche, moi boire un café, Marc ravitailler par précaution M. Ural qui n’en avait pas expressément besoin, histoire de tuer le temps.

A la pompe et à l’abri…

Et Marc de me demander si on ne peut pas shunter ce 3ème ferry (en fait 2 car il y en avait un autre après, dont les horaires sont synchronisés avec le premier). En regardant sur le GPS, je me rends compte que c’est possible. Mais cela nous fait rater le fjord Geiranger. Pas cool. Mais vu le temps pourri et les nuages qui stagnent en-dessous des cimes des montagnes environnantes, la pluie etc, nous n’en aurions pas profité.
Au passage je branche mon bardas électrique (veste et gants chauffants) histoire de poursuivre la route dans un confort incomparable… D’autant que mes vêtements de pluie remplissent totalement leur office ce qui n’est pas le cas des bottes et du pantalon de Marc. La pauvre a les pieds qui font floc-floc dans ses bottes et le séant très modérément sec !

Donc nous repartons, ignorant de toute notre superbe le ferry paresseux. Cela va nous faire prendre d’incroyables et interminables tunnels, avec des giratoires à l’intérieur, et donc traverser des montagnes. En 16km, nous allons prendre un tunnel de 4 km puis un long pont suspendu et un autre tunnel de 11km.
Progressivement (très progressivement) la pluie se fait moins intense, la température ne changeant guère, et les nuages reprennent un peu de hauteur.

Nous progressons toujours dans des endroits superbes, à un train de sénateur ne dépassant jamais les vitesses autorisées, parce que les conditions et le spectacle ne le permettent pas…
Avec l’amélioration progressive des conditions, les pauses photos se font un peu plus fréquentes.
Nous arrivons finalement Skulestadmo (oui, j’ai vérifié 5 fois avant d’écrire le nom, et il est simple pour ici ) et une superbe cascade ! Et le temps se met au beau !!! Grosse trouée de ciel bleu et soleil. Arrêt obligatoire …
Photos et vidéos sont faites. Au passage café pour nous deux et j’en profite pour m’acheter la première casquette de ma vie. Siglée Norvège, évidemment.

Sous le soleil enfin, nous reprenons notre chemin. Heureux de pouvoir profiter de ces paysages sous des cieux plus cléments.
Hélas, pas pour longtemps ! Quelques minutes après, des soubresauts et claquements de ma machine n’ont pas le temps de m’inquiéter. Plus de transmission ! Le moteur tourne mais la bête n’avance plus. Sur son erre je la gare sur le bas-côté et fais signe à Marc que j’ai un souci. Lui, derrière a tout vu : courroie rompue …
Je l’ai faite changer 15 jours avant de partir, avec la révision…


Impossible d’aller plus loin…Marc, en bon samaritain retourne au camping près de la cascade pour trouver un dépanneur.
De mon coté j’appelle l’assurance.
Je suis navré d’infliger pareille galère à Marc. Mais, et comme il le dit fort justement, heureusement que nous sommes deux et qu’il peut m’aider… Le bon samaritain vous dis-je…
De manière étonnante pour moi, je prends la chose avec calme. Déception, certes, mais sérénité. La présence réconfortante de mon acolyte n’y est forcément pas étrangère …

Le dépanneur, jeune norvégien extrêmement gentil, arrivera dans la demi-heure. 
Le Spyder est placé sur le plateau de la dépanneuse et en même temps ce temps le gentil monsieur discute au téléphone.


Finalement il trouve un garage (fermé ce jour car férié) qui prend en charge les CanAm, appelle un de ses amis qui y a travaillé il y a peu, en lui donnant la référence de la courroie. Qui lui répond qu’il y a des chances qu’elle soit en stock.
Mais sinon, elle devra venir de Finlande … 

Le convoyage va durer moins d’une demi-heure jusqu’à Voss, localisation du revendeur CanAm.
Donc le Spyder blessé est déposé devant le garage. Au passage on aperçoit des caisses jaunes et noires, que je connais bien, siglées CanAm dans la zone de stockage derrière le garage. Espoir…

Marc part à la recherche d’un hôtel pour la nuit. Moi je reste sur place pour contacter de nouveau l’assurance et tenter de régler ce qu’il est possible de faire en ce jour férié ainsi que leur demander de nous trouver un hôtel. Marc sera plus prompt que l’assurance.
Il revient avec les clefs magnétiques des deux chambres ! 
Transbahutant mon bardas du Spyder à l’Ural (Marc ayant débarqué ses affaires à l’hôtel), je monte derrière lui et nous voilà partis en direction du centre-ville et de l’hôtel.
Pas beau de dehors, très sympa de dedans et surtout très bien situé. Le paysage devant est tout bonnement superbe.


Le temps pour moi d’oublier ma clef magnétique dans la chambre en sortant pour prendre le reste de mes bagages… Quand ça ne veut pas …
Passage à la réception pour un nouveau sésame, et voilà… Au sec, au chaud. Merci Marc ! 
Lui doit s’atteler à sécher ses vêtements bien trempés.


Nous dînerons au restaurant de l’hôtel. Buffet. Tranquilles…

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La trace du jour

Trajet du jour : 230km…



Donc, résumons-nous :
Le Spyder avec sa courroie en compote est devant un garage qui fait CanAm. Bon point.
Il y a des caisses CanAm dans la réserve de ce garage. Bon point qui confirme le précédent.
La courroie est semble-t-il une pièce « courante ». Re-bon point.

Mais tout ceci ne règle pas l’histoire : la pièce est-elle en stock ?
Si oui, nous devrions pouvoir repartir assez vite si la réparation peut être faite rapidement.
Sinon, c’est une autre histoire : pièce devant venir de Finlande = fin du trip.
Pièce trouvable ailleurs en Norvège : combien de temps pour la faire venir ?
Trop (>4 jours) = fin du trip.
Moyen = on continue en éliminant de grosses portions pour tenter de grimper jusqu’au Cap Nord.
Sachant que demain c’est vendredi et donc le weekend approche…

De toutes façons, la situation ne nous appartient plus. Nous verrons demain matin à 7h30 (heure d’ouverture du garage) ce qu’il en est.
Je sens que je vais dormir avec tous mes doigts croisés .
Mais pas certain que le sommeil vienne rapidement…

En attendant le sommeil, dans Voss

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