De Royaumont à Noyon en passant par Saint-Leu d’Esserent

Aujourd’hui, c’est balade au nord de Paris. L’abbaye de Royaumont devant laquelle nous avions achevé une balade dans le Vexin est la première étape. J’avais envisagé de passer ensuite par Compiègne pour visiter le château impérial, mais le temps manquait et j’ai préférer aller voir la cathédrale de Noyon, un peu plus au nord.

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On commence donc par Royaumont dont l’histoire est assez mouvementée et riche.

Elle fut construite en seulement 7 ans, achevée en 1235.
Souhaitée par Louis VIII, elle fut réalisée sous l’énergique (et fortunée) impulsion de son fils, Louis IX, le futur Saint-Louis.
Constamment soutenue et renforcée par le Roi, cette abbaye cistercienne ne dépendra que de l’abbaye mère de Citeaux et non de ses filles. Privilège royal 😉 …
Richement pourvue en moines dès l’origine, l’abbaye de Royaumont aura une place importante pendant plus d’un siècle.
Vincent de Beauvais qui publie le Speculum maius en 1263 y séjourne de 1255 à 1264 . Cet ouvrage commandé par Louis IX est la plus grande somme encyclopédique occidentale du Moyen-Age jusqu’au XVIIIe siècle (80 livres et 9 885 chapitres).
La guerre de Cent ans marquera le début du déclin qui se poursuivra jusqu’à la Révolution. En 1791 l’abbaye est vendue comme bien national au Marquis de Travanet, industriel. Dès 1792 l’abbatiale est détruite pour construire les logements ouvriers. Des roues à aubes sont installées dans les bâtiments et les bâtiments remembrés. L’activité industrielle cessera en 1863.
De 1864 à 1905 l’abbaye reviendra à des congrégations religieuses dont Les Sœurs de la Sainte-Famille de Bordeaux qui feront reconstruire et restaurer de nombreux bâtiments suivant les plans d’origine à l’aide l’architecte  Louis Vernier. Suite à la loi de 1902 contre les congrégation religieuses, les religieuses devront quitter le lieu.
En 1905 Jules Goüin acquiert l’abbaye (il possédait déjà le vaste domaine qui l’entourait). En 1914, un de ses fils, Edouard Goüin, prête des bâtiments vacants à la Croix-rouge pour ce qui deviendra le plus important hôpital « britannique » de France , le Scottish Women’s Hospital, à personnel exclusivement féminin.
Finalement le petit-fils, Henry Goüin avec son épouse Isabel Lang fonde la Fondation Royaumont à visée culturelle en 1938.

Le parcours de la visite est fléché compte tenu de la Covid19. Après l’entrée sur le domaine, face à nous se trouve une allée boisée menant à l’abbaye et plus précisément le bâtiment des moines.

Abbaye de Royaumont - Pièce d'eau

Nous bifurquons à droite au niveau du bassin à destination du potager. Le bâtiment se dévoile progressivement. Une statue de Saint-Louis veille à notre bon chemin … En le contournant on parvient au potager.

Ce « potager-jardin » qui été re-dessiné en 2013 a quelque peu souffert du manque d’entretien pendant la phase de confinement due au virus… Même si sa conception originelle laisse un peu de désordre volontaire à l’image de certains jardins anglais. Mais il offre une jolie vue sur l’abbaye.

Progressivement la visite nous amène sur les restes de l’ancienne abbatiale démantelée en 1792 dont il ne subsiste qu’une tour (celle visible à droite sur les clichés précédents). Elle était manifestement très grande. Elle était accolée au cloître dont le mur porte les traces des ogives…

Nous parvenons à la Sacristie où se trouvent deux belles statues.

Juste après nous pénétrons dans le cloître. Endroit souvent superbe et agréable dans les abbayes, celui-ci ne déroge pas à la règle. Nous en parcourons 3 cotés sur 4 pour entrer dans le bâtiment des convers.

Nous entrons dans l’ancienne cuisine. Forcément, voûtes et colonnes donnent un aspect solennel à l’endroit.

Juste à côté se trouve la salle des convers. Superbe réhabilitation exécutée ici aussi. La salle est très belle… et vaste !

Le circuit nous mène ensuite à l’extérieur, vers le jardin des 9 carrés.

Nous repassons dans la cuisine (par une autre entrée naturellement) pour atteindre le somptueux réfectoire des moines. Cette pièce restaurée lors de l’occupation de l’abbaye par les Sœurs de la Sainte-Famille de Bordeaux leur servait de chapelle d’où la présence d’un orgue.

Quelques détails des vitraux dont les armoiries ___

Nous ressortons du bâtiment des moines dans le cloître (le dernier côté que nous n’avions pas encore parcouru…).

Nous sortons du bâtiment des moines dans le jardin et nous bifurquons à droite.

En avançant vers le jardin, le recul permet de voir le bâtiment des moines et celui des latrines à sa gauche, en-dehors duquel quelques tables pour boire un verre sont dressées. A l’intérieur, les tables pour une restauration « classique » sont dressées. Sacré cadre…

Nous allons oublier de visiter le bâtiment des latrines alors qu’il a fait l’objet de nombreuses restaurations. Nous avons filé le long du canal sous les arbres… Dommage ! Je sens que c’est un coup à y retourner 😉 …

L’eau des canaux et le calme de l’endroit sont très apaisants. Le domaine est un havre de paix.

Quittant Royaumont, nous allons affronter les tourments de la route 😆 . Nous prenons la direction de Compiègne. A Précy-sur-Oise nous cherchons et trouvons une boulangerie histoire de préparer la suite !

Quelques kilomètres plus tard, sur les hauteurs immédiates de la route qui longe l’Oise, apparait une grande église non prévue au programme. Hop !

Eglise prieurale Saint-Nicolas de Saint-Leu-d’Esserent

Il s’agit de l’église prieurale Saint-Nicolas de Saint-Leu-d’Esserent. Construite entre le XIIe et le XIIIe siècle suite à un don de Hugues de Dammartin à l’évêque de Beauvais mais à la condition que le prieuré soit directement rattaché à l’ordre de Cluny (qui ne dépendait que du Pape, sans possibilité d’intervention des évêques…). La construction ayant duré longtemps, différentes architectures cohabitent avec un des éléments romans (portail ouest) et un choeur, une nef et abside gothiques.
Remarque : la page Wikipédia ici est très complète.

Malheureusement pour nous, l’église était fermée au moment de notre passage. Le porche franchi, des portes en verre nous empêchent d’entrer. Les photos suivantes (avec un polarisant mal réglé) rendent sûrement pas justice au lieu…

En faisant la tour par la gauche (le nord en faisant face au portail principal), on franchit l’ancienne porte du prieuré. On chemine dans un espace limité (anciennement la travée sud du cloître, détruite pour les besoin des travaux de restauration au XIXe siècle).

Des bâtiments conventuels existaient autour, mais il n’en existe que peu de restes et une partie est privée non accessible. Mais dans les environs on retrouve des vestiges de ce prieuré qui s’était fortifié pour faire face à l’insécurité de l’époque.

Nous consommerons nos viennoiseries dans le jardin à côté de la nef, au soleil. La vue sur la vallée de l’Oise, à côté du chevet, est bien agréable.

En repartant de la place, le soleil met en valeur l’importance du lieu avec son mur d’enceinte.

Nous repartons en direction de Compiègne puis Noyon. Le trajet que j’avais tracé était moche et sans intérêt ! Un vrai ratage 😆 …

Nous arrivons à Noyon, cité de Calvin, et sa cathédrale. Si Noyon a vu le couronnement de Charlemagne (768), ce n’est pas dans cette cathédrale qui a été construite après 1150 mais dans la précédente qui a brulé en 1131, comme tant d’autres à l’époque. Comme nous avons visité un dimanche, le cloitre n’était pas accessible. Dommage.

En faisant le tour de la cathédrale, on parvient au chevet et ses 5 chapelles rayonnantes.


… puis à la librairie du chapitre. C’est un superbe bâtiment de bois érigé en 1506, inchangé dans sa fonction depuis le commencement.

Puis enfin le versant nord, avant de rejoindre le parvis.

Versant nord

La nef de 11 travées comporte 4 niveaux (grandes arcades, tribunes, triforium et fenêtres hautes) et mesure environ 22m de haut. Pour comparaison, Notre-Dame de Paris atteint 33m et Notre-Dame d’Amiens 42m…

La nef est bordée par deux collatéraux dans lesquels s’abouchent des chapelles. 6 petites au nord, 3 grandes au sud. Ci-dessous les 3 grandes chapelles vues de la nef.

Parmi ces 3 chapelles sud, la Chapelle Notre-Dame-de-Bonsecours (celle située au milieu), en style gothique flamboyant est particulièrement décorée.

A coté se trouve La Chapelle du Sacré-Coeur qui compte des boiseries du XVIIIe siècle.

Le choeur

Parmi les 5 chapelles rayonnantes du chevet, La Chapelle axiale, dédiée à la Vierge est la seule comptant encore des vitraux du XIIIe siècle décrivant l’histoire de Saint-Pantaléon. Une des chapelle, la première au sud présente une peinture murale du XVIème siècle représentant la résurrection du Christ et son apparition à Marie Madeleine.

L’originalité architecturale de la cathédrale consiste en la présence d’absides aux extrémités du transept. Cette variante ne sera reprise dans aucune autre église.

Notre-Dame de Noyon héberge les reliques de Saint-Eloi, Sainte-Godeberthe et Saint-Mumolin, placées dans des châsses placées derrière le maître autel. Celle de Sainte-Godeberthe fut pillée et fondue à la Révolution. Celles de Saint-Eloi avaient été cachées et remises en place en 1795 avec le rétablissement de l’autorisation du culte catholique. En 1852 une nouvelle chasse (l’ancienne était en bois peint) est créée en bois sculpté et doré.

En 1905, suite à la séparation de l’église et de l’Etat, craignant un saccage, les reliques furent envoyées à Saint-Omer puis en Hollande. Elles ont finalement réintégré Noyon en 1952.

Nous quittons finalement la cathédrale, en repassant par la grille …

Cathédrale Notre-Dame de Noyon

Attenant ou presque à la cathédrale se trouve le monument aux morts de Noyon…

Cathédrale Notre-Dame de Noyon

Avant d’aller boire un Schweppes et un café sur la place Cordouen, un petit tour devant l’ancien palais épiscopal devenu mairie.

Avec un peu de recul, les toits des tours (dont les flèches n’ont jamais été construites)…

Il restera à visiter, pour une autre fois, la salle capitulaire (à gauche quand on regarde la cathédrale de face) et le cloître…

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