Tour de Navarre et Tour d'Orval, Langres

Langres : La promenade des remparts

Langres… c’est loin de ma banlieue parisienne. Et aujourd’hui je dois rentrer… pas trop tard ! Mais j’ai quand même très envie d’y aller.
Mais pourquoi Langres ? Parce qu’en furetant sur le net à la recherche d’informations diverses pour des endroits visités ou ceux à venir, Langres apparaissait régulièrement. Ceinturée de rempart, cité puissante du Moyen-Age aux limites du petit royaume de France, elle m’attirait.

Alors le réveil est réglé à 6h, et départ à 7. Oui, en plein weekend, c’est n’importe quoi. Mais quand on aime, on ne compte pas. Enfin, si un peu quand même, les kilomètres ! Car il faut que je me farcisse les 280 km pour y aller.
Ebba a le ventre plein, donc elle est prête. Le sac monté à la place du top-case, les fringues chauffantes enfilées et branchées, c’est parti pour s’envoyer les longues bornes de bitume, le régulateur calé à 130 km/h GPS. Sur l’A5, après la bifurcation de l’A19, le paysage est un peu plus vallonné, moins monotone. Et le soleil en pleine figure, évidemment : je vais vers l’Est.

Le site de Langres est occupé depuis plus de 2000 ans. Situé sur un plateau à plus de 450 m d’altitude et bordé d’un escarpement abrupt de 50 m, le site est peuplé initialement par les lingons. La conquête romaine achevée en 52 donne à Andematunnum (nom romain de Langres) sa première vocation stratégique, la zone étant alors un important noeud de communication. A l’ouest de la ville une porte monumentale maintenant intégrée dans les fortifications témoigne de cette période. La ville débute sa fortification au nord avec les invasions barbares aux IIIe et IVe siècles, date à laquelle l’évêché de Langres est créé. Sous l’ère carolingienne la cité prospère. L’évêché prendra un essor considérable devenant un des plus important du royaume. Au XIIe siècle le diocèse se voit attribuer les titres de comté (puis duché sous Philippe-Auguste) et de Pairie (l’évêque devient Pair du Royaume [intialement il existait 6 Pairs religieux et 6 Pairs laïcs]). Au XVe siècle la ville est une puissante place forte, située au confins du domaine royal et faisant face à la Bourgogne, la Franche-Comté et la Lorraine.

A la sortie de l’autoroute, je fais la pause. Le temps est au beau depuis le matin et c’est prévu pour durer jusqu’à tard dans l’après-midi. Même s’il se dégrade en fin de journée, je m’en moque, j’aurais fait mon petit tour…

Sortie Langres nord
Sortie Langres nord

Pas de fioritures pour rallier Langres : au plus court… ou presque ! Je ne peut m’empêcher de faire un petit détour du côté du lac réservoir de la Liez. La route est sympathique et l’arrivée tout autant. Mais je ne m’arrête pas et prends la direction de Langres.

Lac de la Liez, Langres
Lac de la Liez

La vieille ville étant située sur un plateau, on monte et on termine en longeant les remparts pour y accéder.

  • Langres depuis la N19
  • Tour Saint-Ferjeux, Langres

J’arrive au parking situé au sud de la ville, sur le parking Bel-Air. Un petit plan me semble nécessaire… Chose étonnante, sur tous les plans l’orientation est Est-Ouest. En l’occurence sur l’image ci-dessous le nord est à gauche. Je me suis garé au parking au sud, donc celui de droite, pas celui signalé par la flèche noire.


Au niveau du parking, si les remparts ne sont plus là, il persiste la très belle Porte des Moulins.

  • Porte des Moulins, Langres
  • Porte des Moulins, Langres

Elle porte ce nom en raison des moulins qui se trouvaient à l’extérieur des remparts quand ces fortifications furent construites (1642-1647). Et qui profitaient du vent, d’où le nom de la place « Bel Air ».
La décoration guerrière de la porte s’inscrit dans la cadre de la guerre de 30 ans qui verra finalement un dénouement favorable à la France (Cf. la bataille de Rocroi).
Initialement dotée d’une porte charretière encadrée de deux accès piétons, la porte fut transformée en 1855 par le Génie militaire, qui y substitua deux passages charretiers et supprima les ponts-levis.

Je déballe mes affaires et me rends à l’office du tourisme. On me fournit un plan, identique à celui que j’avais téléchargé sur internet. Je conserve donc le programme prévu, à savoir débuter ma visite par la promenade sur les remparts.
Le plan de la visite ci-dessous est « fait maison » et suit le tracé mauve dans le sens anti-horaire. Là, le nord est en haut. Je commence donc la promenade tout au sud.

Plan remparts Langres
Plan des remparts de Langres

La première étape est la grosse Tour Saint-Ferjeux, située au sud-est des fortifications.

Cette tour porte le nom d’un ancien prieuré démoli en 1673. Elle a remplacé en 1470 une première tour carrée au milieu du XIVe siècle qui était devenue inadaptée aux progrès de l’artillerie. Cylindrique, c’est la première de ce type à avoir été construite à Langres : murs très épais (jusqu’à six mètres), deux salles voûtées équipées de huit casemates de tir et la terrasse. Cette tour fut restaurée en 1844 par le Génie militaire qui reconstruisit le parapet et modifia le parement en remplaçant les bossages défectueux.
Depuis 1989, une sculpture y est exposée en hommage au philosophe champenois Gaston Bachelard (sculpteur Eugène Van Lamsweerde, « L’air et les songes »).

  • Vers la tour Saint-Ferjeux, Langres
  • Vers la tour Saint-Ferjeux, Langres
  • Tour Saint-Ferjeux, Langres
  • Depuis la tour Saint-Ferjeux, Langres

Je me dirige vers la tour Virot et la porte Henri IV. La vue est dégagée sur la plaine environnante, et d’ailleurs certains en profitent.

Sur les remparts, Langres
Sur les remparts

Les remparts sur cette portion englobent l’ancienne tour Michaux (datant du XVe siècle transformée au XIXe en la rendant pleine).

  • Remparts est, Langres
  • Remparts est, Langres
  • Remparts est, Langres
  • La tour Michaux au 1er plan (au fond la tour St-Ferjeux), Langres
  • Depuis les remparts est, Langres

En regardant « en arrière », il y a une belle vue sur la tour Michaux et la tour Saint-Ferjeux au fond. On remarque l’ascenseur incliné depuis le parking qui atteint les remparts. Je dois avouer que son esthétique me laisse dubitatif…

  • Remparts est, tour Michaux, tour Saint-Ferjeux, Langres
  • Ascenseur incliné, remparts est, tour Michaux, tour Saint-Ferjeux, Langres

Je poursuis pour me rapprocher de la tour Virot et de la porte Henri IV.

  • Remparts est, Langres
  • Remparts est, Langres

Je descends des remparts pour franchir la porte Henri IV. Cette porte conduit au quartier de Sous-Murs, dévolu dès le XIIIe siècle aux activités de tannage des peaux. C’est le seul accès à l’est de la ville.

Porte Henri IV depuis l'intérieur de la ville
Porte Henri IV

J’emprunte la sortie de droite qui mène au pied de la tour Virot. Juste à gauche en sortant se trouvent les remparts qui ceinturent le quartier de Sous-Murs.

Remparts du quartier de Sous-Murs depuis la tour Virot
Remparts du quartier de Sous-Murs

Le tour Virot était chargée de protéger la porte Henri IV.

  • Tour Virot, Langres
  • Tour Virot, Langres

Je longe les pieds des remparts, en revenant un peu vers le sud. J’arrive au parking où se trouvent les ascenseurs inclinés.

Ascenseurs inclinés (Langres, remparts est)
Rampe des ascenseurs inclinés

En poursuivant un peu, la vue se libère sur la tour Michaux, les remparts et la tour Saint-Ferjeux avec un autre angle.

  • Tour Michaux vue depuis l'extérieur des remparts, Langres
  • Tour Michaux vue depuis l'extérieur des remparts, Langres
  • Remparts depuis l'extérieur, Langres
  • Tour Saint-Ferjeux vue depuis l'extérieur des remparts, Langres

Je vais rester transitoirement « hors les murs » pour poursuivre mon chemin vers le nord, descendre et contourner par l’extérieur le quartier des Sous-Murs.

  • Remparts des sous-murs, Langres
  • Remparts des sous-murs, Langres
  • Remparts des sous-murs, Langres
  • Tour des sous-murs depuis l'extérieur des remparts, Langres

J’atteins la porte des Sous-Murs que je franchis pour remonter vers la cité.

  • Porte des sous-murs depuis l'extérieur des remparts, Langres
  • Porte des sous-murs depuis l'intérieur des remparts, Langres

J’arrive donc à la porte Henri IV (si vous avez suivi…), flanquée de la tour Virot à gauche.

  • Porte Henri IV, Langres
  • Porte Henri IV, Langres
  • Porte Henri IV, Langres

Les ouvertures (charretière et piétonne) étaient toutes deux équipées d’un fossé et d’un pont-levis. Une porte à double battant ainsi qu’une herse complétaient la défense de cet ouvrage.
La statue de Henri IV chevauchant Pégase qui ornait la porte a été détruite à la Révolution. Une niche abritant une Vierge à l’Enfant est présente au centre.

Pour la petite histoire : Au XVIIe siècle, les clefs de cette porte et de la herse étaient confiées à des habitants « fidèles et soigneux » résidant proche de l’ouvrage : les gardes-porte. Ils portaient une jupe aux couleurs de la ville ; le 16 mai 1646 « les receveurs préposés aux portes pour prendre les billets du droit des grains demandent sans l’obtenir une pareille jupe ».
Les horaires d’ouverture étaient 4-21 h en été et 6-19h en hiver.

Après avoir franchi la porte et avant de remonter sur les remparts se trouve une des rares maisons à colombages de la ville.

Maison à pans de bois, Langres
Maison à pans de bois

Je reprends donc ma déambulation.

  • Remarts est, Langres
  • Remarts est, Langres

En suivant le chemin de ronde, on parvient devant les bâtiments du groupe scolaire Jean Duvet-Abbé Cordier. Juste dérrière on aperçoit la magnifique toiture de style bourguignon de la cathédrale Saint-Mammès .

  • Remarts est, Langres
  • Toiture de la cathédrale Saint-Mammès, Langres

Juste après ce sont les bâtiments du Collège du Sacré-Cœur (ancien évêché) et une belle porte d’entrée. En face se trouve un petit corps de garde (dit de l’évêché) qui permettait aux veilleurs de s’abriter lors de leur ronde.

  • Corps de garde de l'évêché, Langres
  • Porte sur le chemin de ronde de l'ancien palais épiscopal, Langres

C’est également à ce niveau que se trouve une table d’orientation couvrant le panorama sur l’est et la vallée de la Marne

  • Panorama est, Langres
  • Panorama est, Langres

Rapidement je parviens à la voie de chemin fer à crémaillère. Le rouge de la cabine tranche joliment avec le bleu du ciel.

  • Voiture à Crémaillère, Langres
  • Voiture à Crémaillère, Langres
  • Voiture à Crémaillère, Langres
  • Voiture à Crémaillère, Langres
  • Vue des remparts depuis l'ancienne voie à crémaillère, Langres

En 1858 la ligne de chemin de fer Paris-Mulhouse fut inaugurée. La ville de Langres était desservie par une gare qui se trouve 140m en contrebas de la cité. Il fallut 30 ans pour qu’un chemin de fer à crémaillère relie la ville à la gare par le biais d’une voie de plus de 1400m (dont le pourcentage dépassait 17% par endroits). Initialement à vapeur, la ligne fut électrifiée en 1935 (c’est la motrice qui est présentée) et cessa de fonctionner en 1971.

En suivant les rails, je descends aux pieds des remparts. A l’angle nord-est des fortifications se trouvent l’échauguette appelée Tour Piquante et la coupole de la chapelle de l’hôpital de la Charité.

  • Remparts et dôme de l'ancien hôpital de la Charité, Langres
  • Tour piquante depuis l'extérieur des remparts, Langres

Remonté, je parviens donc à l’angle nord-est. Côté ville se trouve la chapelle de l’hôpital de la Charité. Fondé en 1638 pour accueillir les malades de la peste par la réunion d’un groupe de maison, il sera victime d’un important incendie en 1770. Sa reconstruction fera place à 2 bâtiments plus fonctionnels, reliés à la chapelle.

Chapelle Hôpital de la Charité, Langres
Chapelle Hôpital de la Charité

En face se trouve la Tour Piquante.
Cette dénomination est due à la forme polygonale de ce bastion, le premier à avoir été construit à Langres en pleine guerre de Religion à la place d’une tour médiévale.

Les tours d’artilleries « classiques » étaient devenues trop chères pour une efficacité limitée au regard des progrès de l’artilleries. Vers 1530, des ingénieurs italiens inventent des ouvrages pentagonaux qui, remplis de terre, sont plus économiques et mieux à même d’amortir le choc des boulets. Les canons sont désormais concentrés à l’air libre, au sommet des ouvrages terrassés.
En 1850, le Génie militaire restaura l’échauguette permettant de surveiller la base de l’ouvrage.

Pour la petite histoire : En 1698, alors que les frontières ont reculé et que les dangers extérieurs ont pratiquement disparu, la Ville accorde à Jean Noblot l’autorisation d’utiliser l’échauguette pour entreposer ses outils de cordier (fabriquant de corde). Il lui est permis on outre de filer ses cordes depuis la tour piquante jusqu’à l’actuel emplacement de la crémaillère.

  • Tour piquante, Langres
  • Tour piquante, Langres

Je passe donc sur le versant nord des fortifications pour atteinte la porte Longe-Porte.

  • Porte longe-porte, Langres
  • Remparts au-dessus de la Porte longe-porte, Langres
  • Porte longe-porte, Langres
  • Porte longe-porte, Langres
  • Porte longe-porte, Langres

Jusqu’au milieu du XIXe siècle les vestiges d’un arc gallo-romain marquant la limite nord de la ville étaient encore visibles. Devenu une porte après avoir été englobé dans les fortifications à la fin du IIIe siècle, cet ouvrage doit son nom, soit à sa longueur, soit à un roi légendaire dénommé Longo dont l’effigie se trouvait sur une console, côté ville.
Vers 1538, une barbacane fut aménagée en avant de la porte afin d’interdire une attaque frontale et de déployer des pièces d’artillerie destinées à flanquer l’enceinte nord. Conçu comme une sorte de sas en forme de chicane, cet ouvrage disposait d’une première porte équipée d’un pont-levis. Un nouveau corps de garde compléta ce dispositif en 1619.
En 1851, le Génie militaire supprima tout vestige antique, abaissa le parapet de la barbacane, et installa un nouveau pont-levis dont les rouages sont encore visibles.

Panneau information Porte longe-porte, Langres

Pour la petite histoire :
Le 29 mars 1597, la porte Longe-Porte est murée en prévision de troubles ; elle ne sera démurée qu’un an plus tard à la demande des habitants du quartier !

Je vais voir d’en bas…

  • Porte longe-porte, Langres
  • Porte longe-porte, Langres
  • Barbacane, Porte longe-porte, Langres
  • Barbacane, Porte longe-porte, Langres
  • Porte longe-porte depuis l'extérieur des remparts, Langres

Une vue vers l’est et la tour piquante, en (léger !) contre-jour…

La Tour piquante depuis la Porte longe-porte, Langres
La Tour piquante depuis la Porte longe-porte

Après être revenu en hauteur, je suis interpellé par un panneau indiquant le direction de la ville anglaise de Beaconsfield. Je n’avais rien lu y faisant allusion dans l’histoire de la ville.

Panneau Beaconsfield, Langres

Mais le panneau indicateur de la rue de renseigne… 1995, ce n’est pas encore l’Histoire 😆 !

Panneau Beaconsfield, Langres

Au passage une jolie façade classique …

  • Façade maison, remparts nord, Langres
  • Façade maison, remparts nord, Langres
  • Façade maison, remparts nord, Langres

Au nord des remparts se trouve la Colline des Fourches, ancien lieu des exécutions par pendaison (d’où son nom). On devine au milieu des arbres la chapelle Notre-Dame de la Délivrance bâtie en 1873.

Colline des fourches, Langres
Colline des Fourches

Peu après se trouve la Tour Saint-Jean (ou Tour Saint-Gengoulph, du nom d’ancien prieuré proche aujourd’hui disparu).

  • Tour Saint-Jean, Langres
  • Tour Saint-Jean, Langres

Contemporaine de la barbacane de la porte Longe-Porte et installée sur un éperon rocheux, c’est la dernière tour d’artillerie construite à Langres. Sa structure est plus simple que ses devancières : unique salle voûtée dotée de deux embrasures latérales est protégée par un bouclier frontal de 7,5 mètres d’épaisseur.
En 1883, un pigeonnier militaire au style néo-médiéval fut aménagé sur la terrasse.

  • Tour Saint-Jean, Langres
  • Tour Saint-Jean, Langres
  • Pigeonnier, Tour Saint-Jean, Langres

A l’angle nord-ouest des fortifications se trouve l’imposante Tour du Petit-Sault. Le panorama à 210° découvre la vallée de la Bonnelle qui se termine dans celle de la Marne un peu plus loin. La grande terrasse permettait l’installation de canons.

La tour en forme de U était destinée à contrôler la route de Paris passant juste en-dessous. Dotée d’énormes embrasures et de murs dont l’épaisseur atteint sept mètres, ses dispositions intérieures épousent la déclivité du terrain. Les deux salles aux voûtes puissantes sont reliées entre elles par un escalier monumental et supportent une vaste terrasse d’artillerie.
Les parements extérieurs sont décorés de bossages et équipés de gargouille.
Naturellement défendue par des pentes abruptes, cette partie de l’enceinte ne requérait pas une telle surabondance de moyens. Impressionnant et surdimensionné, cet ouvrage met en scène la vocation militaire de Langres au début du XVIe siècle.

  • Tour du petit Sault, Langres
  • Tour du petit Sault, Langres
  • Panorama ouest, Tour du petit Sault, Langres

Une courte vidéo issue du net…


Quelques dizaines de mètres plus loin, donc sur le versant ouest se trouve la porte de l’Hôtel de Ville.

  • Porte de l'Hotel de Ville ou du marché, Langres
  • Porte de l'Hotel de Ville ou du marché, Langres

Cette porte située sur un éperon rocheux paraît consécutive à la fermeture de l’arc gallo-romain tout proche mais présentant de moindres dispositions défensives. Cette modification probablement opérée durant le haut Moyen-Age permit de mieux contrôler le chemin d’accès situé désormais au pied de l’enceinte. 
La porte fut renforcée d’une barbacane au XVIe siècle. Construit en 1620, le corps de garde servait également à usage d’octroi. Sitôt cette porte franchie, on accédait directement au marché aux porcs et au marché aux blés  actuelles places de l’Hôtel-de-Ville et de Verdun.
La porte intérieure fut agrandie au milieu du XVIIIe siècle. La barbacane et son pont-levis furent restaurés un siècle plus tard par le Génie militaire.

Pour la petite histoire :
Le chemin de ronde passant au-dessus de la porte possède un parapet haut et pourvu de meurtrières ; le Génie qui l’a restauré a voulu ainsi conserver la trace de l’ancien parapet qui, jusqu’au début du XIXe siècle, équipait la totalité des courtines. Le chemin de ronde était également protégé d’une galerie couverte ceinturant les 3 500 mètres de fortifications et qui permettait aux gardes d’effectuer leurs rondes dans des conditions acceptables.
Dans la nuit du 19 au 20 août 1591, les Lorrains tentèrent de prendre la ville par surprise en faisant sauter la porte du Marché à l’aide d’un pétard (petit canon et charge de poudre). Mais les Langrois veillaient et ils déjouèrent cette tentative en faisant feu sur l’ennemi qui ne put allumer le pétard et dut se retirer en désordre. Le pétard resta sur place et fut ramené dans la ville comme trophée ; le danger avait été réel et Langres l’avait échappé belle ; de ce fait, chaque année (le 20 août), une procession commémora cet évènement jusqu’à la fin du XIXe siècle.

Je passe au-dessusde la porte par le chemin de ronde histoire d’avoir une vue d’ensemble.

  • Barbacane, Porte de l'Hotel de Ville ou du marché, Langres
  • Porte de l'Hotel de Ville ou du marché, Langres
  • Porte de l'Hotel de Ville ou du marché, Langres

Je descends et franchis les remparts. Juste après les remparts à droite, un petite porte ouvre sur la portion nord vers la tour du Petit-Sault.

Vue des remparts ouest depuis la barbacane de la Porte de l'Hotel de Ville ou du marché, Langres
Vue des remparts ouest depuis la barbacane de la Porte de l’Hotel de Ville

Outre le corps de garde qui porte la date de sa construction, on retrouve les vestiges du pont-levis.

  • Bâtiment d'octroi, Porte de l'Hotel de Ville ou du marché, Langres
  • Bâtiment d'octroi, Porte de l'Hotel de Ville ou du marché, Langres
  • Ancien mécanisme pont-levis, Porte de l'Hotel de Ville ou du marché, Langres
  • Ancien mécanisme pont-levis, Porte de l'Hotel de Ville ou du marché, Langres
  • Porte de l'Hotel de Ville ou du marché depuis l'extérieur, Langres

Je poursuis mon chemin hors des fortifications.

Porte de l'Hotel de Ville ou du marché depuis l'extérieur, Langres
Porte de l’Hotel de Ville

Je parviens à l’ancienne porte gallo-romaine.

  • Arc gallo-romain, Langres
  • Arc gallo-romain, Langres
  • Arc gallo-romain, Langres
  • Arc gallo-romain, Langres

Bâtie à la fin du premier siècle avant notre ère après la conquête de la Gaule (Alésia : – 52 av J.-C. par JC 😆 [Jules César]) elle constituait le principal accès d’Andematunnum (nom antique de Langres) côté ouest. Orienté de telle manière que la voie venant de Reims pénètre directement dans la cité, c’est le plus ancien édifice langrois conservé. Inadapté à une mise en défense efficace, cet arc s’est trouvé incorporé dans les premières fortifications à la fin du IIIe siècle ; son double accès fut probablement condamné à la même époque, au profit de la porte de l’Hôtel de Ville. En raison de son angle saillant sur l’enceinte, il fut transformé en tour couverte, équipé d’un corps de garde et d’embrasures de tirs percées dans la frise.
Jusqu’au milieu du XIXe siècle, une bâtisse s’appuyait contre l’arc. A l’instar des autres parties de l’enceinte, le Génie militaire expropria définitivement ces maisons lors des travaux de restauration qui occasionnèrent le rétablissement de la corniche couronnant l’édifice.

Pour la petite histoire :
La corniche de cette porte a été restaurée en 1854 par Eugène Millet, élève de Labrouste et de Viollet le Duc. Au grand dam des membres de la Société Historique et Archéologique de Langres qui avaient encouragé son classement (1846) et son entretien à l’identique, « une lourde corniche, d’un blanc éclatant, sans sculpture, écrase et dégrade à jamais l’Arc de Triomphe de Langres ».

Continuant le long des remparts je parviens à la Porte Boulière et à la Tour Saint-Didier qui sont quasiment accolées.

  • Tour Saint-Didier et Porte Boulière, Langres
  • Tour Saint-Didier et Porte Boulière, Langres

La tour Saint-Didier reste l’ouvrage fortifié médiéval le mieux conservé à Langres. Ses trois salles superposées, ses embrasures de tir et sa toiture restaurée à l’identique donnent une assez bonne image de ce que pouvaient être les autres tours médiévales désormais transformées ou détruites. Elle était essentiellement destinée à défendre les abords immédiats de la porte Boulière. Sous l’Ancien Régime, le dernier étage servait de tribunal aux quatre capitaines « à masse » (le signe distinctif de leur charge était une petite masse argentée) ayant à juger des délits commis sur le chemin de ronde. 
Une niche abrite la statue de saint Didier, évêque de Langres au milieu du IVe siècle et martyrisé, selon la légende, par les Vandales.

  • Tour Saint-Didier, Langres
  • Tour Saint-Didier, Langres
  • Statue de Saint-Didier, Tour Saint-Didier, Langres
  • Tour Saint-Didier, Langres

Pour la petite histoire
Le bourreau de Saint-Didier devenu fou, se serait fracassé la tête contre une porte de la cité qui, depuis, est restée murée (la porte gallo-romaine ?).

Juste à coté de la tour qui la protège se trouve la Porte Boulière. Son nom initial de « porte bovelière » semble dû au passage des animaux qui passaient par la rue du même nom avant celle de la Boucherie où ils étaient abattus et préparés.

Créée au début du XIIIe siècle, elle fut renforcée au XVIe siècle par une barbacane triangulaire au XVIe siècle. Sa porte monumentale était ornée d’une statue allégorique personnifiant la ville de Langres sous les traits d’une jeune femme armée.
Transformée en 1854, la barbacane fuit définitivement détruite en 1906 afin de faciliter l’accès à la porte des Terreaux toute proche.

Poursuivant mon tour, j’arrive ensuite à la Porte des Terreaux ou Porte Neuve.

La construction de cette porte est due au Génie qui souhaitait éviter aux convois militaires la traversée du centre-ville. A cet effet, un boulevard de contournement  actuel boulevard De Lattre  fut aménagé jusqu’à la porte des Moulins. Cette porte à double issue comportait un double pont-levis permettant le franchissement du fossé. Le couronnement de mâchicoulis ajoute une note néo-médiévale à cet ouvrage.

  • Porte des Terreaux (ou porte Neuve), Langres
  • Porte des Terreaux (ou porte Neuve), Langres
  • Porte des Terreaux (ou porte Neuve), Langres

Je passe la porte et remonte sur les remparts. Je reviens un peu sur mes pas pour avoir une vue d’en haut de ce que je viens de voir d’en bas… Au passage, une petite rue qui file vers la cité, la tour Saint-Didier d’où je viens et la Tour Navarre où je vais.

  • Ruelle depuis les remparts ouest, Langres
  • Porte des Terreaux (ou porte Neuve) depuis les remparts, Langres
  • Tour Saint-Didier depuis les remparts, Langres
  • La Tour Navarre depuis les remparts, Langres

J’arrive sur la « tour phare » de Langres, la tour de Navarre et son intime compagne, la tour d’Orval.

Le terrain anciennement appartenait aux comtes de Champagne, également rois de Navarre. La tour de Navarre est la tour d’artillerie la plus monumentale ; son diamètre de 28 mètres, sa hauteur de 20 mètres et sa vingtaine d’embrasures de tir réparties sur quatre niveaux en font un ouvrage hors du commun. Ses murs atteignant 7 mètres d’épaisseur protègent deux salles puissamment voûtées et casematées. 
L’artillerie de sa terrasse devait protéger le plateau en avant de la porte des Moulins. Quasiment achevée en 1515 après seulement quatre années de travaux, elle fut rehaussée de 2,5 mètres afin d’accroître la portée des canons installés sur sa terrasse. Cette transformation en cours de construction entraîna la pose d’un second niveau de gargouilles et la réalisation d’une nouvelle tour, la tour d’Orval  permettant d’acheminer les canons sur la terrasse à l’abri des tirs ennemis. En 1825, le Génie militaire transforma cette tour en poudrière et la protégea par une charpente conique.

Quand on se promène aux alentours, le côté imposant est manifeste !

  • Tour de Navarre et Tour d'Orval, Langres
  • Tour de Navarre et Tour d'Orval, Langres
  • Tour de Navarre et Tour d'Orval, Langres
  • Tour de Navarre et Tour d'Orval, Langres
  • Tour de Navarre et Tour d'Orval, Langres

Je termine mon tour des remparts en revenant à mon point de départ, la porte des Moulins.

Porte des Moulins, Langres
Porte des Moulins

Passant par la porte des Moulins, je vais faire un tour dans la ville.
Mais ça, c’est l’article suivant…




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